Les bienfaits de la poterie : quand la science confirme le pouvoir des activités manuelles pour réduire l’anxiété
- Lucie Eleme
- 18 mars
- 4 min de lecture
Dans nos vies souvent rythmées par le stress, les écrans et une cadence effrénée, il devient de plus en plus essentiel de s’accorder des moments de pause et de reconnexion à soi. Si vous êtes à la recherche d’une activité qui vous permette de souffler, de ralentir, tout en procurant de réels bienfaits sur votre corps et votre esprit, laissez-moi vous parler de la poterie. Non seulement cette pratique ancestrale est profondément gratifiante, mais elle est aussi soutenue par de nombreuses études scientifiques qui confirment ses effets positifs sur le stress, l’anxiété et le bien-être mental.
Je vous parle aussi en connaissance de cause : la poterie a changé ma vie. De nature très anxieuse, j’ai trouvé dans le travail de la terre un véritable refuge, une façon de me recentrer, de réguler mes émotions. Aujourd’hui, c’est devenu mon métier, mais même dans ce cadre, les bienfaits restent intacts. Ils sont même devenus un pilier de mon équilibre au quotidien.

Ce qui est fascinant, c’est que les effets apaisants de la poterie ne sont pas qu’une impression subjective. Le simple contact avec l’argile, par exemple, a une action directe sur notre système nerveux. Lorsque vous touchez la matière, que vous la modelez ou que vous tournez une pièce, vous activez naturellement votre système nerveux parasympathique. Ce système agit comme un frein au stress, en ralentissant le rythme cardiaque, en abaissant la tension artérielle et en procurant une sensation de calme.
Cette réalité a été mesurée de manière concrète. Une étude publiée dans le Art Therapy Journal par Kaimal et al. (2016) a montré qu’une séance de 45 minutes d’activité artistique, dont la poterie, permettait de réduire significativement le taux de cortisol salivaire, l’hormone du stress, chez 75 % des participants, même ceux qui n’avaient jamais pratiqué d’art auparavant. Ce genre de résultat confirme que la création manuelle peut devenir un outil puissant de régulation émotionnelle.
Au-delà de cette détente physiologique, il y a aussi l’aspect mental, cognitif, qui entre en jeu. En pratiquant la poterie, on entre souvent dans un état très particulier que le psychologue Mihály Csíkszentmihályi a appelé le “flow”. C’est ce moment où l’on est complètement absorbé par ce que l’on fait, où le temps semble s’arrêter, et où l’on ressent à la fois concentration et apaisement. Cet état mental, loin d’être anecdotique, est associé à une réduction des pensées anxiogènes, à une meilleure régulation émotionnelle, et surtout à une grande satisfaction intérieure.

Cet état de flow, c’est une véritable immersion dans l’instant présent. Pour moi, c’est l’un des aspects les plus précieux de la poterie. Dès que je commence à travailler la terre, mes pensées ralentissent, mon esprit s’apaise, je ne suis plus dans l’anticipation ou l’inquiétude. C’est un moment hors du temps, un moment pour moi.
Et ce n’est pas juste une sensation ! Des recherches en neurosciences ont montré que cet état active de manière équilibrée le cortex préfrontal (lié à la concentration) et entraîne une libération de dopamine, la fameuse molécule du plaisir et de la motivation (Nakamura & Csíkszentmihályi, 2002). En d’autres termes, en étant absorbé dans une activité manuelle, notre cerveau se met dans les meilleures conditions possibles pour se sentir bien.
Mais ce n’est pas tout. En manipulant la terre, vous sollicitez à la fois votre motricité fine, votre perception tactile, votre équilibre et votre coordination visuelle. Cette stimulation globale du cerveau favorise ce qu’on appelle la neuroplasticité, c’est-à-dire la capacité du cerveau à s’adapter, à créer de nouvelles connexions. Et ça, c’est précieux, non seulement pour notre bien-être, mais aussi pour notre concentration, notre mémoire, et même notre résilience face au stress.
Il n’est donc pas étonnant que les preuves scientifiques s’accumulent. Selon une étude de l’OMS (2022), 1 personne sur 5 en Europe souffre de troubles anxieux. Face à ce constat, les solutions naturelles et non médicamenteuses sont de plus en plus encouragées. Une revue publiée par Stuckey & Nobel (2010) dans The American Journal of Public Health a révélé que les activités artistiques améliorent nettement le bien-être émotionnel, même chez des personnes totalement novices. Et c’est une bonne nouvelle, car cela veut dire que tout le monde peut s’y mettre, sans crainte de “mal faire”.

C’est justement l’un des aspects que j’aime le plus partager dans mes ateliers : la poterie est accessible à toutes et tous. Il n’est pas nécessaire d’avoir un talent particulier ou une expérience artistique.
Ce qui compte, c’est le plaisir du geste, la liberté d’explorer, la satisfaction de voir sa création prendre vie. Que vous réalisiez un bol, une tasse ou une forme abstraite, le simple fait d’avoir créé quelque chose de vos mains procure un sentiment d’accomplissement très fort, surtout à une époque où la plupart de nos tâches quotidiennes sont numériques et souvent immatérielles.
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Si vous ressentez l’envie d’essayer, je vous invite sincèrement à venir découvrir la poterie par vous-même. Mon atelier est ouvert à toutes celles et ceux qui souhaitent vivre cette expérience, dans une ambiance bienveillante et sans pression. Que vous veniez pour une initiation ou pour plusieurs séances, seul·e ou accompagné·e, vous serez toujours accueilli·e avec le même enthousiasme. Prenez ce temps pour vous, laissez-vous surprendre par la matière… Et qui sait, la terre pourrait vous offrir la même parenthèse de calme et d’équilibre qu’elle m’offre, jour après jour.
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Références :
Kaimal, G., Ray, K., & Muniz, J. (2016). Reduction of Cortisol Levels and Participants’ Responses Following Art Making. Art Therapy Journal.
Csíkszentmihályi, M. (1990). Flow: The Psychology of Optimal Experience.
Nakamura, J., & Csíkszentmihályi, M. (2002). The Concept of Flow. Handbook of Positive Psychology.
Stuckey, H. L., & Nobel, J. (2010). The Connection Between Art, Healing, and Public Health: A Review of Current Literature. American Journal of Public Health.
OMS. (2022). World Mental Health Report.
Les bienfaits de la poterie : quand la science confirme le pouvoir apaisant des activités manuelles
Lucie Eleme, Mars 2025
Photos: Rémi F
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